A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z

    
XS. f. (Gram.) c'est la vingt-troisieme lettre, & la dix-huitieme consonne de l'alphabet françois. Nous la nommons ix e, & c'est ce nom qui est féminin ; mais cette dénomination ne sauroit convenir à l'épellation ; & pour désigner ce caractere, relativement à sa destination originelle, il faut l'appeller x e, nom masculin.

Nous tenons cette lettre des Latins, qui en avoient pris l'idée dans l'alphabet grec, pour représenter les deux consonnes fortes C S, ou les deux foibles G Z. C'étoit donc l'abréviation de deux consonnes réunies, ou une consonne double : X duplicem, loco C & S, vel G & S, posteà à graecis inventam, assumpsimus, dit Priscien, (lib. I.) c'est pourquoi Quintilien, (I. iv.) observe qu'on auroit pu se passer de ce caractere ; X litterâ carere potuimus, si non quaesissemus : & nous apprenons de Victorin (Art. gram. I.) que les anciens Latins écrivoient séparément chacune des deux consonnes réunies sous ce seul caractère ; latini voces quae in X litteram incidunt, si in declinatione earum apparebat G, scribebant G & S, ut conjugs legs. Nigidius in libris suis X litterâ non est usus, antiquitatem sequens.

J'ai dit que les latins avoient pris l'idée de leur X dans l'alphabet grec ; non qu'ils y ayent pris le caractere qui y avoit la même valeur, savoir ou , mais parce qu'ils ont emprunté le X, qui y valoit K H, ou K, pour signifier leur C S ou G Z.

Cette lettre a dans notre orthographe différentes valeurs ; & pour les déterminer je la considérerai au commencement, au milieu, & à la fin des mots.

I. Elle ne se trouve au commencement que d'un très-petit nombre de noms propres empruntés des langues étrangeres, & il faut l'y prononcer avec sa valeur primitive C S, excepté de quelques-uns, devenus plus communs & adoucis par l'usage ; comme Xavier, que l'on prononce Gzavier ; Xénophon, que l'on prononce quelquefois Sénophon ; Ximénez, qui se prononce Siménez ou Chiménez.

II. Si la lettre X est au milieu du mot, elle y a différentes valeurs, selon les diverses positions.

1°. Elle tient lieu de C S entre deux voyelles, lorsque la premiere n'est pas un e initial ; comme axe, maxime, Alexandre, Mexique, sexe, flexible, vexation, fixer, Ixion, oxicrat, paradoxe, luxe, luxation, fluxion, &c.

On en exceptoit autrefois les mots Bruxelles, Flexelles, Uxelles, qui ne font plus exception, parce qu'on les écrit conformément à la prononciation, Brusselles, Flesselles, Usselles ; mais il faut encore excepter aujourd'hui sixain, sixieme, deuxieme, dixain, dixaine, dixainier, dixieme, où X se prononce comme Z ; & soixante, soixantaine, soixantieme, que l'on prononce soissante, soissantaine, soissantieme.

2°. Elle tient encore lieu de C S, lorsqu'elle a après elle un C guttural, suivi d'une des trois voyelles a, o, u, ou d'une consonne, ou lorsqu'elle est suivie de toute autre consonne, excepté H ; comme excavation, excommunié, excuse, exclusion, excrément, exfolier, expédient, mixtion, exploit, extrait.

3°. Elle tient lieu de G Z, lorsqu'étant entre deux voyelles, la premiere est un e initial ; & dans ce cas le lettre h qui précéderoit l'une des deux voyelles est réputée nulle : comme dans examen, héxametre, exécution, exhérédation, exil, exhiber, exorde, exhorter, exultation, exhumer.

4°. Elle tient lieu de C guttural, quand elle est suivie d'un C sifflant, à cause de la voyelle suivante e ou i ; comme excès, exciter, qui se prononcent eccès, ecciter.

III. Lorsque la lettre X est à la fin des mots, elle y a, selon l'occurence, différentes valeurs.

1°. Elle vaut autant que C S à la fin des noms propres, Palafox, Pollux, Styx ; des noms appellatifs, borax, index, larinx, lynx, sphinx ; & des deux adjectifs perplex, préfix.

2°. Lorsque les deux adjectifs numéraux six, dix, ne sont point suivis du nom de l'espece nombrée, on y prononce x comme un sifflement fort ; j'en ai dix, prenez-en six.

3°. Deux, six, dix, étant suivis du nom de l'espece nombrée, commençant par une voyelle, ou par une h muette, ou bien dix n'étant qu'une partie élémentaire d'un mot numéral composé & se trouvant suivi d'une autre partie de même nature, on prononce X comme un sifflement foible, ou Z : deux hommes, six aunes, dix ans, dix-huit, dix-neuf, dix-neuvieme.

4°. A la fin de tout autre mot X ne se prononce pas, ou se prononce comme Z. Voici les occasions où l'on prononce X à la fin des mots, le mot suivant commençant par une voyelle, ou par une h muette ; 1°. Après aux, comme aux amis, aux hommes. 2°. A la fin d'un nom suivi de son adjectif, quand ce nom n'a pas x au singulier ; chevaux alertes, cheveux épars, travaux inutiles, feux ardens, voeux indiscrets. 3°. A la fin d'un adjectif suivi du nom avec lequel il s'accorde ; heureux amant, faux accords, affreux état, séditieux insulaires. 4°. Après les verbes veux & peux ; comme je veux y aller, tu peux écrire, je peux attendre, tu en veux une.

X dans la numération romaine, valoit 10 ; & avec un trait horisontal valoit 10000. X valoit seulement 1000. I avant X en soustrait une unité, & IX = 9 : au contraire XI = 11, XII = 12, XIII = 13, XIV = 14, XV = 15, &c. X avant L ou avant C, indique qu'il faut déduire 10 de 50 ou de 100 ; ainsi XL = 40, XC = 90.

La monnoie frappée à Amiens est marquée X. (B. E. R. M.)


X & P(Médail. Monnoie, Littérat.) on voit souvent les lettres grecques X & P, jointes ainsi sur les anciennes médailles. Nous trouvons la premiere lettre, c'est-à-dire, un X, sur de grandes monnoies de cuivre, où cette marque paroît avoir été mise pour des raisons de police civile.

Quelques antiquaires ont pris cette marque pour une date, & d'autres pour la lettre initiale d'un nom propre ; mais ces deux conjectures ne sont appuyées d'aucune raison solide. M. Ward suppose bien mieux que cette lettre est une abréviation du mot grec XPHMA, qui veut dire monnoie, & qu'on a gravé cette marque sur ces pieces pour indiquer leur cours comme monnoie ; ce moyen a paru d'autant plus propre, que ces sortes de monnoies n'ont aucune empreinte de tête de roi, comme l'ont nos monnoies d'or & d'argent, mais on y voit un Jupiter avec une aigle perchée sur un foudre au revers.

Ce caractere fut ensuite transporté, par Constantin, sur ses monnoies & ses drapeaux à un tout autre dessein ; il en fit usage pour désigner en abregé le mot XPICTOC ; en quoi il fut suivi non-seulement par quelques-uns de ses successeurs, mais par des particuliers qui firent graver dévotement la même marque sur leurs lampes & autres meubles. Le même usage eut lieu pour les vases consacrés dans les églises.

Dans la suite, la marque vint à être employée dans les manuscrits, simplement pour notes critiques, servant à coter des endroits remarquables ; & alors cette marque fut mise pour les deux lettres initiales du mot grec XPHCIMON, utile ; c'est ce que nous apprenons d'Isidore, Orig. l. I. c. xx. Voyez les Trans. Philos. n °. 474. §. 1. (D.J.)


X X x(Ecriture) du côté de leur figure, les deux premieres sont composées dans leurs premieres parties de la 1, 8, 7, 6, 5, parties d'O, & un plain boutonné en forme de point. Dans leurs secondes, c'est un C entier.

A l'égard de la troisieme x, la premiere partie est un e renversé, la seconde est un e pur ; celles-ci se forment en un seul tems, du mouvement mixte des doigts & du poignet ; celles - là en deux tems, du même mouvement. Voyez le vol. des Pl. de l'Ecriture, & leur explic.


X(Econom. rustiq.) l'x du moulin est une piece de fer, en forme d'x, qui a un trou quarré au milieu pour recevoir la tête du petit fer. Sur cette piece est posée la meule de dessus, & l'x est entaillée de toute son épaisseur dans la meule de dessus. Voyez nos Pl. de moulin, (Econom. rustiq.)


XABEAEXABIA, (Géog. mod.) dans le Portulan de Michelot ; petite ville d'Espagne, au royaume de Valence, avec une rade, dont le cap S. Martin, fait l'entrée. (D.J.)


XACAS. m. (Hist. mod.) nom d'un dieu japonois. Voyez les articles philosophie des INDIENS, & des JAPONOIS.


XAGUAS. m. (Hist. nat. Bot. exot.) le xagua d'Oviedo paroît être le genipanier, dont on a donné les caracteres au mot GENIPA.

C'est un grand arbre commun dans toutes les îles de l'Amérique. Il est haut comme un chêne, épais, droit, solide, couvert d'une écorce cendrée & ridée. Ses branches s'étendent d'espace en espace en maniere de bras, de même que celles des sapins de l'Europe. Ses feuilles sont disposées par touffes ondées, longues d'un pié, larges de 4 pouces, & finissant en pointe.

Il s'éleve du milieu de ces feuilles de gros bouquets de fleurs d'une seule piece, en cloche, larges, découpées profondément en cinq pointes ; de couleur blanche en s'épanouissant, & enfin d'un jaune-foncé. Du centre de cette fleur sortent cinq étamines & un pistil, qui a son origine dans le fond du calice.

Quand la fleur est tombée, ce calice devient un fruit gros comme le poing, de figure ovale, également pointue par les deux bouts. Ce fruit est charnu, couvert d'une écorce épaisse, grise - verdâtre, & comme saupoudrée de poussiere ; la chair du fruit est tendre, blanche, séparée en deux loges qui sont remplies de semences demi-rondes, applaties, semblables à nos gesses communes. Le suc de ce fruit teint en noir ; mais d'une noirceur qui se dissipe d'elle-même, au bout de quelques jours.

Le janipaba de Pison, n'est qu'une espece de xagua ou de genipanier. Voyez JANIPABA. (D.J.)

XAGUA, (Géog. mod.) port de l'Amérique, dans l'île de Cuba, sur sa côte méridionale entre l'île de Pinos & la ville de Spiritu - Sancto, environ à 15 lieues du port de la Trinité. C'est un des plus beaux ports de l'Amérique ; il a 6 lieues de circuit ; & une petite île dans le milieu, où l'on trouve de l'eau douce. (D.J.)


XAHUALIS. m. (Hist. nat. Botan.) bel arbre de la nouvelle-Espagne, dont les feuilles ressemblent à celles du frêne. Son bois est fort pesant & compacte ; sa couleur est jaune & mouchetée : il porte un fruit semblable au poivre. Les Indiens en tirent une liqueur qui les fortifie, & dont ils se servent pour se noircir les jambes & le corps. Cette couleur ne s'en va point à l'eau, mais elle disparoît d'elle-même en une quinzaine de jours.


XAINTES(Géog. mod.) ville de France, capitale de la Saintonge. Voyez SAINTES.


XALAPPA(Géog. mod.) ville de l'Amérique septentrionale, dans la nouvelle Espagne, province de Tlascala, dans les terres, à 16 lieues de la VeraCruz. Ses habitans sont un mêlange d'indiens & d'espagnols. (D.J.)


XALCOCOTLS. m. (Hist. nat. Botan.) c'est le nom que les Mexicains donnent à un arbre qui paroît être le même que le goyavier, appellé par les Espagnols guyabo. Il y en a de deux especes au Mexique. La premiere a les feuilles de l'oranger, mais elles sont plus petites & velues ; ses fleurs sont blanches ; son fruit est rond, & rempli de petits grains comme les figues. Ses feuilles sont astringentes & acerbes ; elles guérissent, dit-on, la galle. L'écorce est aussi très-efficace ; on lui attribue la vertu de guérir les enflures des jambes, les plaies fistuleuses, & même la surdité. Son fruit sent la punaise, ce qui n'empêche pas que son goût ne soit excellent. La seconde espece differe de la premiere, en ce que son fruit est plus gros & n'a point une odeur si forte.


XALISCOLES ILES DE, (Géog. mod.) îles de la mer du Sud, sur la côte de la nouvelle Espagne, à l'occident de Guadalajara, & tout auprès du cap Corriente, au midi de l'embouchure de la mer Vermeille. Elles sont au nombre de quatre. (D.J.)


XALONLE, (Géog. mod.) riviere d'Espagne. Elle a sa source dans la vieille-Castille, auprès de Médina-Céli, & se perd dans l'Ebre, au - dessus de Saragosse. C'est le Salo des anciens. (D.J.)


XALXOCOTLS. m. (Hist. nat. Botan.) Voyez XALCOCOTL.


XAMABUGISS. m. (Hist. mod. superstition) ce sont des especes de bonzes ou de moines japonois, qui suivent le budsdoïsme, ou la religion de Siaka. Ils servent de guides aux dévots pélerins qui vont visiter les temples de leurs fausses divinités. Ils leur font faire le voyage piés nuds ; les obligent d'observer une abstinence très-sévere, & ils abandonnent sans pitié les infortunés qui sont hors d'état de suivre la caravane, & qui périssent faute de secours dans les déserts que l'on est forcé de traverser. Ensuite ces moines barbares remettent leurs pélerins sous la conduite des genguis, bonzes encore plus inhumains, qui les traitent avec une dureté que le fanatisme le plus outré auroit peine à justifier. Voyez SIAKA.


XAMDELLILHAterme de relation, priere d'action de graces que font les pauvres arabes après leur repas. Les grands seigneurs arabes invitent souvent des gens du petit peuple, & même des pauvres, à manger avec eux ; ces sortes de conviés se levent toujours d'abord qu'ils ont fini de manger, & pour lors ils ne manquent jamais de dire à haute voix xamdellilha, mot qui signifie Dieu soit loué. Ce discours est très-noble, & ne s'adresse point au maître de la maison ; mais à Dieu seul qui est l'auteur de tous les biens. (D.J.)


XAMIS. m. (Méd. arabe) les Arabes désignent par ce mot le caroubier, mais ce n'est pas notre caroubier de Naples ou d'Espagne ; c'est un arbre bien différent, qui est peut-être l'acacia, lequel porte des siliques, & donne un fruit qui est astringent, qualité que les Arabes attribuent à la plante qu'ils appellent xami. (D.J.)


XAMOle desert de, (Géog. mod.) vaste desert de la Tartarie, vers les frontieres de la Chine. La nouvelle carte de la grande Russie le coupe en quatre parties.


XANS. m. (Hist. mod.) on nomme ainsi en quelques endroits de la domination du grand-seigneur, ce qu'on nomme communément kan, chan, & caravanserai. Voyez ces mots. Diction. de commerce.


XANTHES. m. (Mythol.) les poëtes ne parlent point comme l'histoire. Chez eux rien ne s'opere que merveilleusement.

Un orage terrible aux yeux des matelots,

C'est Neptune en courroux qui gourmande les flots.

Après le sanglant combat qui fut donné sur les rives du Xanthe, le lit de ce fleuve se trouva chargé de corps morts, son eau se déborda dans la campagne, on retira de l'eau les cadavres, on les brûla sur un bucher. Comment Homere raconte - t - il ce fait ? Il feint, Iliad. l. XXI. que ce fleuve oppressé dans son lit, en fit ses plaintes à Achille, & que ce héros ne l'ayant pas satisfait, il se déborda contre lui, & le poursuivant avec rapidité, il l'auroit noyé, si Neptune & Minerve envoyés par Jupiter, ne lui eussent promis une promte satisfaction. Le même poëte ayant à nous apprendre que les inondations de la mer ruinerent, quelque tems après la retraite des Grecs, cette fameuse muraille, qu'ils avoient élevée pendant le siege de Troie, pour se mettre à couvert des insultes de leurs ennemis, dit que Neptune irrité de l'entreprise des Grecs, étoit allé prier Jupiter de lui permettre de l'abattre avec son trident ; & qu'ayant intéressé Apollon dans sa vengeance, ils avoient travaillé de concert à renverser cet ouvrage. Si Turnus brûle la flotte d'Enée, Virgile fait paroître Cybele, qui change ses vaisseaux en nymphes de la mer. (D.J.)

XANTHE, Xantus, (Géog. anc.) fameuse riviere de la Troade, dans l'Asie mineure. Elle a sa source au mont Ida, & se perd dans l'Hellespont. Pline, l. V. c. xxx. dit qu'elle se joint avec le Simoïs, autre riviere célebre dans les poëmes d'Homere & de Virgile ; ces deux rivieres vont ensemble au port des Achéens.

Bien des auteurs croyent que le Xanthe & le Scamandre ne sont qu'une seule riviere, fondés sur ces vers d'Homere, Iliad. v. 74.

Les dieux l'appellent Xanthe, & les hommes Scamandre.

Elien dans son histoire des animaux, l. VIII. c. xxj. donne une origine assez naturelle de ce double nom. Il dit que le Scamandre a la vertu, que les brebis qui boivent de son eau, deviennent rousses, : de-là, ajoute-t-il, cette riviere a pris le nom de Xanthe, tiré de la couleur qu'elle donne aux brebis.

2°. Xanthe, riviere de l'Asie mineure, dans la Lycie ; elle a sa source dans le mont Taurus, arrose les villes de Xanthe & de Patare, & se jette ensuite dans la mer Méditerranée. Ptolémée, l. V. c. iij. en met l'embouchure après Telmesse, auprès de Patare. Strabon assure, l. XIV. p. 665. qu'on l'appelloit anciennement Sirbes. Il dit qu'en le remontant dix stades, on trouve le temple de Latone, & que soixante stades plus haut que ce temple, étoit la ville qu'il nomme Xanthe. Ovide, métamorph. l. IX. v. 645. dit cette riviere :

Jam Cragon, & Lymiren Xanthique reliquerat undas.

3°. Xanthe ou Xanthopolis, ancienne ville de l'Asie mineure, dans la Lycie. Strabon, l. XIV. p. 666. dit que c'étoit la plus grande ville de cette province. On a vu dans l'article précédent qu'elle étoit à 70 stades de son embouchure, selon cet auteur. Pline, l. V. c. xxvij. l'en met à 15 mille pas ; c'est 6 mille pas de plus que le calcul de Strabon. Ptolémée, l. V. c. iij. la nomme dans sa liste des villes méditerranées. Appien raconte comment les habitans de Xanthe, amoureux de leur liberté, voyant leur ville prise par Brutus, l'un des meurtriers de César, se donnerent eux-mêmes la mort, & brûlerent leur ville, plutôt que de se soumettre au vainqueur. Il remarque que c'étoit pour la troisieme fois que cette ville éprouvoit un pareil destin ; que la même chose étoit arrivée lorsque Harpale, général du grand Cyrus, avoit assiégé la ville de Xanthe, & lorsqu'Alexandre, fils de Philippe avoit cru s'en rendre maître.

Cette ville se releva dans la suite ; car outre que Strabon & Pline, postérieurs au tems de Brutus, en parlent comme d'une ville subsistante, je la trouve au rang des villes épiscopales de la Lycie, sous le nom de Xanthi, qui est le génitif de son nom, dans la notice de Léon le sage. Mais elle est nommée , Xanthus dans celle d'Hiéroclès ; elle est du Mentasili, dans la Natolie, sur la côte méridionale.

4°. Xanthe, riviere d'Epire. Helenus, qui s'étoit établi dans ce pays-là, après le sac de Troie, avoit donné le nom de Xanthe à un petit ruisseau. C'est ce que Virgile, Aeneid. l. III. v. 350. exprime par ce vers :

Arentem Xanthi cognomine rivum

Agnosco.

5°. Xanthe, ville ancienne de l'île de Lesbos, selon Etienne le géographe.

C'est de Xanthe, ville de Lycie, qu'étoit Olen, poëte grec, plus ancien qu'Orphée. Il composa plusieurs hymnes, que l'on chantoit dans l'île de Délos aux grandes solemnités de la religion, nommément en l'honneur de la déesse Lucine, qu'il disoit être la mere de Cupidon. Quelques auteurs prétendent qu'il fut l'un des hyperboréens qui fonderent l'oracle de Delphes, & qu'il y exerça le premier la fonction de prêtre d'Apollon, je veux dire, celle de rendre réponse aux consultans en vers hexametres.

Ménécrate étoit de la même ville. Il avoit fait l'histoire de la Lycie, celle de Nicée, & celle d'Hercule. Il ne faut pas le confondre avec Ménécrate d'Elée, qui avoit décrit l'Hellespont, & les pays qui le bordent. C'est une perte considérable que celle de cet ouvrage, au - lieu que les oeuvres de Ménécrate de Lycie, n'étoient pas de la premiere réputation. (D.J.)


XANTHIQUESS. m. pl. (Antiquités grecques) ; fête des Macédoniens, & qui étoit ainsi nommée, parce qu'elle se célébroit dans le mois Xanthus, & dans le tems que toute la famille royale étoit purifiée, ainsi que l'armée, par la lustration. Après cette cérémonie, la fête commençoit, l'armée se partageoit en deux camps, qui se mettoient en bataille l'un contre l'autre, & faisoient pour le plaisir des spectateurs toute sorte d'évolutions & de combats feints. Voyez Potter, Archaeol. graec. l. II. c. xx. t. I. p. 417. (D.J.)


XANTHIUMS. f. (Hist. nat. Bot.) genre de plante qu'on a déja caractérisé sous le nom vulgaire de petit glouteron, au mot GLOUTERON.

Tournefort compte trois especes de ce genre de plante, entre lesquelles nous nous contenterons de décrire la plus commune, xanthium vulgare, en anglois, the small vurdock.

Sa tige s'éleve seulement à la hauteur d'un pié & demi ; elle est rameuse, velue, marquée de points rouges, s'étendant au large : ses feuilles sont beaucoup plus petites que celles de la bardane, vertes, approchant de celles du pas-d'âne, dentelées en leurs bords, d'un goût un peu âcre, tirant sur l'aromatique ; sa fleur est un bouquet à fleurons, semblable à de petites vessies, & contenant chacune une étamine ; ces fleurons tombent facilement, & ils ne laissent après eux aucune graine ; mais il naît sur les mêmes piés qui fleurissent, des fruits oblongs, gros comme des petites olives, hérissés de piquans qui s'attachent aux habits ; chacun de ces fruits est divisé dans sa longueur en deux loges, qui renferment des semences oblongues ; sa racine est petite, blanche, garnie de fibres assez grosses. Cette plante croît dans les terres grasses, contre les murailles, & dans les fossés dont l'eau a été desséchée. Sa racine est d'un goût âcre & amer, ce qui fait qu'on l'estime digestive & résolutive ; on l'emploie, mais sans succès, dans les tumeurs scrophuleuses. (D.J.)


XANTHOS. f. (Mytholog.) une des nymphes océanides, compagne de Cyrene, mere d'Aristée, selon Virgile.


XANTHON(Hist. nat.) nom que les anciens naturalistes ont donné à un marbre d'un jaune verdâtre. On l'appelloit aussi marmor herbosum : on croit qu'il étoit le même que celui qu'on nommoit marbre ténarien.


XANTHURUS DES INDES(Ichthyol.) nom que nos naturalistes ont donné au poisson appellé par les Hollandois geel-stard. Il est de la grosseur & de la forme de la carpe ; ses machoires sont armées de petites dents serrées, & fort pointues ; son dos est jaune, & sa queue l'est encore davantage ; son ventre est d'un blanc bleuâtre ; sa tête est brune, & ses nageoires sont d'un beau rouge. On prend ce poisson à l'hameçon entre les rochers, sur le bord de la mer des Indes orientales, & il est également bon & sain. Ray, Ichthyograph. (D. J.)


XANTHUSS. m. (Hist. nat. Lithol.) les anciens naturalistes ont donné ce nom à une pierre, ou plutôt une espece d'hématite, ou de mine de fer, d'un jaune pâle. Son nom grec , annonce cette couleur. C'est la même substance à qui quelques auteurs ont donné le nom d'élatites.

XANTHUS, mois, (Calend. des Macédon.) mois macédonien, qui étoit le second du printems, & qui répondoit au mois judaïque nommé Nisan, & au mois égyptien, appellé Pharmuthi. Le nom de ce mois se trouve au II. liv. des Macchab. xj. 30. Antiochus écrit aux juifs : " Nous accordons jusqu'au trentieme du mois Xanthicus, protection & sûreté à tous ceux qui se trouveront en route pour venir ici. " (D.J.)


XANXUSS. m. (Conchyliog.) gros coquillage semblable à ceux avec lesquels on a coutume de peindre les Tritons ; les Hollandois le font pêcher vers l'île de Ceylan, ou à la côte de la pêcherie où est le royaume de Travançor : ceux qu'on pêche sur cette côte, ont tous les volutes de droit à gauche ; s'ils s'en trouvoit quelqu'un dont les volutes fussent disposées de gauche à droite, les Indiens l'estimeroient infiniment, parce qu'ils croyent que ce fut dans un xanxus de cette espece qu'un de leurs dieux fut obligé de se cacher.

La compagnie hollandoise des Indes orientales ne permet pas aux indiens de sa domination de vendre à d'autres qu'à elle les xanxus qu'ils peuvent pêcher ; elle les débite à un prix fort cher dans le royaume de Bengale, où on les scie pour en faire des bracelets. (D.J.)


XAOCHEU(Géog. mod.) ville de la Chine, dans la province de Quantong, dont elle est la seconde métropole. Long. suivant le P. Noël, 150. 43. 30. lat. 24. 42. 10.


XARAFFES. m. (Commerce) les xaraffes sont à Goa, & dans toutes les villes de commerce de la côte de Malabar, des especes de changeurs, qui, pour un petit profit qu'on leur donne, examinent les especes d'argent, sur - tout les pardaos sérafins, qui ont cours dans le négoce, & dont la plûpart sont faux ou altérés. Ces xaraffes sont des chrétiens indiens qui se tiennent au coin des rues, & qui sont si expérimentés dans la connoissance de ces pardaos, que sans les peser, & sans se servir de la pierre de touche, ils distinguent une piece fausse entre mille.

On doit d'autant plus se fier à ces changeurs, qu'ils sont obligés de garantir les pieces qu'ils ont visitées. Outre cet emploi qu'ont les xaraffes, ce sont aussi eux qui changent les monnoies, & qui fournissent aux marchands les especes dont ils ont besoin, en se contentant pour tout profit de quelques busamos d'étain, petite monnoie, dont les trois valent deux reis de Portugal, c'est-à-dire, deux deniers en France. Il y a aussi de ces xaraffes à Constantinople, au Caire, & dans les villes de négoce de l'empire Ottoman. (D.J.)


XARAGUA(Géog. mod.) ville capitale du royaume de même nom, dans l'île de Saint-Domingue ; c'est une ville toute délabrée.


XARAMALE, (Géog. mod.) petite riviere d'Espagne, dans la nouvelle Castille. Elle a sa source aux confins de la vieille Castille, & se rend dans le Tage, à 8 lieues au - dessus de Tolede, & proche d'Aranjuez. (D.J.)


XATIVA(Géog. mod.) ville d'Espagne au royaume de Valence, sur le penchant d'une colline, au pié de laquelle coule le Xucar, à neuf lieues au midi de Valence, & à vingt au nord - ouest d'Alicante.

Philippe V. traita inhumainement cette ville dans le cours de la guerre du commencement de ce siecle, parce qu'elle s'étoit déclarée par la force en faveur de Charles, archiduc d'Autriche. Il la fit assiéger, en 1706, & raser de fond-en-comble après l'avoir prise. Ensuite considérant la beauté de sa situation, il éleva sur ses ruines une autre ville qu'on nomme à-présent San-Phelipe. Long. 16. 50. latit. 58. 55.

Le pape Calixte III. étoit natif de Xativa. Il canonisa l'homme qui lui avoit prédit son élévation au pontificat, qu'il n'obtint cependant qu'à l'âge de 76 ans. Il excita toute l'Europe à prendre les armes contre le turc, & ce projet ne fut pas heureux pour les chrétiens. Il donna les meilleurs bénéfices à ses parens qui ne les méritoient guere. Il mourut en 1458, au bout de trois ans & quelques mois de regne.

André, (Jean) mahométan, naquit à Xativa dans le XV. siecle, & succéda à son pere dans la charge d'alfaqui de cette ville ; mais il abandonna sa religion, & se fit chrétien. Il est auteur d'un livre intitulé confusion de la secte de Mahumed. Ce livre a été publié premierement en espagnol, & traduit sur l'italien en françois par M. le Févre de la Boderie, Paris 1574, in -8°. Tous ceux qui écrivent contre le mahométisme, citent beaucoup cet ouvrage.

Malvenda (Thomas) religieux dominicain, né à Xativa en 1566, mourut à Valence en Espagne en 1628 à 63 ans. Les ouvrages qui subsistent encore de lui, sont : 1°. un traité de Anti - Christo, dont la meilleure édition est celle de 1621. 2°. Une nouvelle version du texte hébreu de la bible, avec des notes, imprimée à Lyon en 1650, en 5 vol. in-fol.

Espagnolet (Joseph-Robert Ribera, dit l') peintre dont je n'ai point parlé en traitant des écoles de peinture, naquit en 1589 à Xativa, & mourut à Naples en 1656. Il étudia la maniere de Michel-Ange Caravage, & se plut comme lui à représenter des sujets terribles & pleins d'horreurs. Né dans la pauvreté, un cardinal fut frappé de ses talens, & touché de son indigence, il l'emmena dans son palais & le combla de faveurs ; mais l'Espagnolet voyant que son changement de fortune le rendoit paresseux, quitta le cardinal pour reprendre le goût du travail. Il se rendit à Naples, s'y fixa, en devint le premier peintre, & s'y enrichit. Ses principaux ouvrages sont dans cette ville, & à l'Escurial. Il y a beaucoup d'expression dans ses têtes, mais son goût n'est pas noble, & son pinceau n'a rien de gracieux. (D. J.)


XAUXA(Géog. mod.) ou la riviere de Maragnan, riviere de l'Amérique méridionale, & une des plus considérables. Sa principale source est dans le lac Cincha-Cocha, vers les 304, 20 de longitude, & les 10. d. de latitude méridionale. Elle prend ensuite le nom d'Ucayalé, & va se rendre dans l'Amazone à S. Joachim d'Omaguas. La vallée de Xauxa où court cette riviere, a 24 lieues de long, & 5 ou 6 de large. Elle étoit peuplée de plus de vingt mille habitans quand les Espagnols y arriverent. On n'y trouve aujourd'hui çà & là que quelques chetives bourgades d'Indiens. (D.J.)


XAUXAVA(Géog. mod.) montagne, riviere & ville d'Afrique, selon Marmol. La montagne fait partie du grand Atlas, au royaume de Maroc. La riviere sort de cette montagne, & la ville est bâtie sur le bord de la riviere, à environ cinq lieues de Maroc. (D.J.)


XAVIER(Géog. mod.) château d'Espagne, dans la Navarre, au pié des Pyrénées, à sept ou huit lieues de Pampelune. Je parle de ce château, parce que François & Jérôme Xavier, oncle & neveu, y prirent naissance.

Le premier surnommé l'apôtre des Indes y naquit en 1506, & se lia d'amitié à Paris avec Ignace de Loyola. Il se destina pour missionnaire dans les Indes orientales, & arriva à Goa en 1542, sous la protection de Jean III, roi de Portugal. Il mourut dans l'isle de Sancian, à vingt-trois lieues des côtes de la Chine, en 1552, âgé de 46 ans. Grégoire XV. le canonisa en 1622, & soixante ans après le P. Bouhours écrivit sa vie sur les mémoires qu'on lui communiqua, & qu'il embellit à sa guise.

Il est certain que François Xavier n'étoit pas un homme du commun, ni un apôtre évangélique, car il prétendoit " qu'on n'établiroit jamais aucun christianisme de durée parmi les payens, à-moins que les auditeurs ne fussent à la portée d'un mousquet ". C'est le P. Navarette, traité 6. p. 436. col. 6, qui nous apprend cette façon de penser de son confrere, sur les moyens d'opérer la conversion des payens. Dezia el santo que mientras no estuvieran debaxo del mosquete, no avia de aver christiano de provecho. Le P. Tellez dans son histoire d'Ethiopie, l. IV. c. iij. ne fait point de difficulté d'avouer la même chose : " ç'a toujours été, dit-il, le sentiment que nos religieux ont formé concernant la religion catholique, qu'elle ne pourroit être d'aucune durée en Ethiopie, à moins qu'elle ne fût appuyée par les armes ". Esto foy sempre o parecer que os nossos religiosos formaram d'aquellas cousas tocantes à la religiam catholica, a qual nam podia fer de dura em Ethiepia, sem ter authoritade di armas.

Jérôme Xavier servit son oncle dans les missions des Indes orientales où il passa en 1581, après être entré chez les jésuites en 1568. Il fut successivement recteur à Bazin & à Cochin, maître des novices, & supérieur de la maison professe de Goa. Il est mort dans cette ville en 1617, après avoir été nommé à l'archevêché d'Angamale, transporté alors à Cranganor.

Ses confreres disent des merveilles de sa mission auprès du grand mogol Akébar ; cependant malgré les distinctions que ce prince accorda à Jérôme Xavier, il continua de célébrer avec ses fils sa fête ordinaire en l'honneur du Soleil ; & quand il fut au lit de mort, il déclara au P. Xavier que loin d'être converti, il étoit comme engagé d'honneur à maintenir la secte qu'il avoit jusqu'alors favorisée ; c'est le P. Catrou qui dans son histoire du Mogol, nous apprend cette particularité ; mais il y en a une autre qui a fait connoître le P. Jérôme Xavier en Europe, plus que ses conversions aux Indes ; ce sont deux ouvrages qu'il a composés, & que Louis de Dieu a fait imprimer à Leyde, en 1639, in-4°. L'un est l'histoire de Jesus-Christ, & l'autre celle de S. Pierre, en Persan. Louis de Dieu les traduisit en latin, & les mit au jour avec des remarques.

" L'ouvrage, en lui-même, dit M. la Croze, hist. du Christ. des Indes, p. 333, est un amas monstrueux de fictions & de fables grossieres, ajoutées & souvent substituées aux paroles des saints évangélistes. Au reste, Jérôme Xavier n'est auteur de cette espece d'alcoran, que pour ce qu'il y a de profane & de superstitieux. Il l'avoit composé en portugais, & la version persane dont Alégambe & les autres jésuites lui font honneur, n'est nullement de lui. Elle a pour auteur un mahométan de Lahor dans les indes, nommé Abdel Senarim-Kasem ; comme Xavier lui-même l'avoue à la fin de son premier ouvrage, page 586 ".

M. Simon est du même sentiment, que cette histoire a d'abord été composée en portugais, & il en dit assez sur le fond du livre, pour faire voir ce qu'il en pense. " Il (Xavier) composa cette histoire, dit M. Simon, Hist. crit. des vers. du N. T. ch. xvij. p. 206. à Agra où il étoit alors, à la sollicitation du grand-mogol. Il paroît de plusieurs mots qui sont dans le persan, qu'il a été d'abord composé en langage portugais, d'où il a été ensuite mis en persan. Louis de Dieu s'est fort emporté contre cet ouvrage, à-cause des additions prises des livres apocryphes qu'on y a insérées. Et en effet, quoique ce protestant n'ait pas gardé assez de modération dans sa préface & dans ses notes, on ne peut nier qu'il n'eût été plus à-propos de traduire en persan le texte pur des évangiles, que de donner un mêlange de ces évangiles & des pieces apocryphes, sous le titre de l'histoire de Jesus-Christ. Le P. Jérôme Xavier a aussi composé un ouvrage semblable, intitulé l'histoire de S. Pierre, qui n'est pas écrit avec plus d'exactitude que le premier ".

Pietro-Della Valle, de retour de ses voyages de Perse, examina la version latine de Louis de Dieu, & la trouva à peu de choses près fidele, suivant le récit de Nicolas Antonio.

Il est vrai que le P. Pétau prétend que les deux pieces dont il s'agit ne sont point de Jérôme Xavier ; mais il a contre lui l'aveu d'Alégambe, de Nicolas Antonio & de M. Simon. On trouvera les deux pieces du P. Jérôme Xavier dans J. A. Fabricius, cod. apoc. N. T. t. I. p. 301. edit. 1719. On voit dans l'histoire de Jesus-Christ, composée par ce jésuite, entr'autres pieces supposées, deux lettres, l'une de Lentulus & l'autre de Pilate, toutes deux écrites à Tibere. Dans la premiere, l'auteur fait le portrait de Jesus-Christ, comme les peintres le représentent depuis long-tems dans leurs images, & racontent quelques-uns de ses miracles ; dans la seconde, il parle aussi des miracles de Jésus-Christ & de son ascension dans le ciel ; mais il n'y est fait aucune mention de sa mort, & moins encore de sa résurrection. (D.J.)


XELVA(Géog. mod.) petite ville d'Espagne, au royaume de Valence, près du Guadalaviar, à sept lieues de Ségorbe, & à dix lieues au-dessus de Valence. Long. 17. 16. latit. 39. 42. (D.J.)


XÉNÉLASIEde Lacédémone. (Hist. de Lacédémone) La xénélasie est en général le droit de bourgeoisie, ou de la qualité de citoyen d'un lieu accordé à un étranger.

Les loix de Lacédémone étoient si remarquables par leur singularité à cet égard, qu'on ne se lasse point d'en parler. Lycurgue qui en fut l'auteur, les tira de son vaste génie. Il forma dans le sein même de la Grece, un peuple nouveau, qui n'avoit rien de commun avec le reste des Grecs que le langage. Les Lacédémoniens devinrent par son moyen des hommes uniques dans leur espece, différens de tous les autres par leurs manieres comme par leurs sentimens, par la façon même de s'habiller & de se nourrir comme par le caractere de l'esprit & du coeur ; mais rien ne contribua davantage à en faire une nation isolée, que la belle loi de Lycurgue, de n'accorder la xénélasie à aucun étranger, sans de pressans motifs, & même d'empêcher que tout étranger eût à sa volonté, la libre entrée en Laconie.

Cet établissement avoit les plus grands avantages. Il s'agissoit d'établir une forme de gouvernement & des regles de conduite extraordinaires, une religion simple & dénuée de cette pompe extérieure qui en faisoit ailleurs l'objet principal, un culte libre de la plûpart des superstitions qui regnoient chez les autres peuples, des fêtes & des jeux où la jeunesse de l'un & de l'autre sexe paroissoit nue, un partage égal des terres entre les particuliers, avec ce qu'il falloit précisément à chacun pour vivre ; l'obligation de manger en commun avec une extrême frugalité, la proscription de l'or & de l'argent, l'usage enfin de ne vendre ni acheter, de ne donner ni recevoir, de ne cultiver ni art de luxe, ni commerce, ni marine, de ne point voyager hors du pays, sans la permission de l'état, & de ne point se conduire par les maximes étrangeres. Ces différentes loix ne pouvoient s'observer en laissant à l'étranger un libre accès, les unes auroient été souverainement imprudentes, & les autres auroient renfermé une entiere impossibilité. Qu'on juge ensuite si la xénélasie n'étoit pas un réglement nécessaire pour leur servir d'appui.

Elle étoit propre à prévenir toutes les violences & les perfidies dont les étrangers jaloux pouvoient se rendre coupables. Lacédémone n'avoit plus à craindre, ni un Hercule qui après avoir été reçu dans ses murs, massacrât ses princes, ni un Pâris qui enlevât la femme de celui qui lui donnoit un trop facile accès, ni de nouveaux Myniens, qui par la plus noire ingratitude, conjurassent la perte de ceux qui leur auroient accordé l'hospitalité. Le peuple étoit à couvert des espions, & de toutes personnes mal-intentionnées, que le desir de nuire auroit pû amener ou retenir dans le pays. Les forces de l'état inconnues aux voisins, leur en devenoient plus redoutables. Les endroits foibles dont ils auroient pû tirer avantage, étoient dérobés à leur vue ; tout étoit mystere pour eux, non-seulement l'intérieur de la république, ses projets, ses desseins cachés, mais encore ses moeurs & sa police ; rien de plus capable de les tenir dans le respect.

Le grand bien de la xénélasie, étoit encore de prévenir les innovations que le commerce des étrangers ne manque jamais de faire dans le langage & dans les moeurs. Les maximes une fois établies parmi les Lacédémoniens devoient s'y conserver plus saines, nul mêlange n'en altéroit la pureté ; elles devoient y être plus longtems uniformes, nul genre de vie différent n'inspiroit le goût de la nouveauté ; & si l'inconstance ou la malice des particuliers les portoient à innover, du-moins ils n'avoient point d'exemples étrangers qui fomentassent leur envie. Il étoit par conséquent & plus rare d'y voir le désordre, & plus facile d'y remédier.

Les étrangers sont souvent dans des dispositions peu favorables au pays dans lequel ils viennent voyager. Les mieux intentionnés apportent nécessairement avec eux des façons de penser & d'agir, capables de troubler l'harmonie d'un petit état, où doit regner une régularité parfaite. Lycurgue voulut que le sien fût de cette nature. Il avoit établi dans l'intérieur un arrangement sûr & constant, que les atteintes seules du dehors pouvoient troubler. Dans cette idée, les étrangers lui parurent suspects, il crut devoir les éloigner pour prévenir dans son état la corruption des moeurs.

Rome avilit peu-à-peu la dignité de citoyen, en la rendant trop commune. Lacédémone par son extrême réserve à accorder ce droit, le rendit estimable & précieux. Le titre de citoyen, devenu très-rare, acquit un nouveau prix dans l'idée des étrangers. Nous en avons un bel exemple dans Hérodote. Les Lacédémoniens vouloient attirer auprès d'eux Tisamene éléen de nation & devin célebre, pour le mettre avec leurs rois à la tête des troupes contre les Perses. L'oracle l'avoit ordonné, car il falloit des raisons supérieures à la politique ordinaire, pour les obliger de prendre un général étranger. Ils lui firent donc les offres les plus avantageuses ; Tisamene les rejetta, demandant uniquement les privileges & l'honneur de citoyen de Sparte. Ils le refuserent d'abord, mais à l'approche de l'ennemi, il fallut y consentir. Alors Tisamene exigea qu'on lui accordât encore la même grace pour son frere Hegias, & l'on fut obligé d'acquiescer à sa requête : ce sont là, dit Hérodote, les deux seules personnes à qui Lacédémone ait accordé le droit de xénélasie. L'historien se trompe, mais ce qu'il dit prouve au-moins l'idée avantageuse qu'on avoit de son tems, d'un citoyen de Sparte. Les Athéniens montroient bien le cas qu'ils en faisoient, lorsqu'ils se plaignoient ouvertement, de ce que les Lacédémoniens ne communiquoient leurs privileges à aucun étranger.

Il n'est pourtant pas vrai que l'entrée de Sparte fût fermée à tous les étrangers ; Lycurgue lui-même fit passer Thalès de l'île de Crete à Lacédémone, afin que cet étranger qui joignoit au talent d'un poëte, tout le mérite d'un législateur, prêtât les charmes de la poésie à des loix dures & rebutantes. Les Lacédémoniens le reçurent par un ordre exprès de l'oracle, & attribuerent à son arrivée la cessation d'une peste qui les désoloit. Quelque tems après, les magistrats firent aussi venir de Lesbos, le poëte Terpandre, qui radoucit le peuple mutiné ; Phérécyde, qui étoit, je pense, athénien, vint aussi à Sparte comme citoyen, & ces trois étrangers qui chantoient continuellement les nouvelles maximes de la république, y furent comblés d'honneurs : il est vrai que Phérécyde périt ensuite malheureusement, mais le bien public en décida.

Ce fut encore un oracle qui fit venir à Lacédémone Tyrtée, poëte athénien, sa patrie l'envoya par dérision aux Lacédémoniens, pour leur servir de chef dans la guerre de Messéne, mais ils en tirerent des avantages réels. Les soldats animés par son chant & sa poésie, remporterent une victoire complete. Les Lacédémoniens d'ailleurs, peu partisans des poëtes, firent grand cas de celui-ci, jusqu'à ordonner qu'on ne marcheroit jamais à l'ennemi, qu'on n'allât entendre auparavant à la tente du roi, les vers de Tyrtée, pour en être plus disposé à combattre, & à mourir pour la patrie. Telle fut l'origine de leurs chansons guerrieres si connues dans l'antiquité. Tyrtée écrivit de plus en faveur des Lacédémoniens, un traité de leur république, qui n'est point parvenu jusqu'à nous. Une chose remarquable est qu'ils ne reçurent cet étranger dans leur patrie qu'en le naturalisant, & le faisant citoyen de Sparte ; afin, dit un Lacédémonien, qu'il ne soit pas dit, que nous ayons jamais eu besoin d'un général étranger.

Il y avoit d'autres étrangers que Lacédémone se trouvoit heureuse d'accueillir, sans crainte d'enfraindre les intentions de son législateur. Je parle des alliés, qui avec des troupes venoient à son secours. C'est ainsi qu'à la naissance de la république, sous le regne de Télécus, les Egides qui composoient une famille thébaine, vinrent de la Béotie à Sparte, pour faciliter la prise des deux ou trois villes voisines que les Doriens avoient laissées aux anciens habitans. La troupe auxiliaire avoit pour chef Timomachus, qui le premier fit exécuter aux Lacédémoniens les loix de la guerre prescrites par Lycurgue. On peut donc joindre Timomachus & sa famille à Tyrtée, à Phérécide, à Terpandre, & à Thalès.

La xénélasie n'empêchoit point les Lacédémoniens d'appeller chez eux des médecins, & d'autres personnes habiles, à mesure qu'ils en avoient besoin. Le scythe Abaris trouva Sparte exposée à de fréquentes mortalités causées, dit-on, par les vapeurs & par le chaud qu'envoyoit le voisinage du mont Taygete. Il fit des sacrifices & des lustrations accompagnées sans-doute de remedes plus efficaces, & ces maladies ne reparurent plus. Bacis béotien, célebre par plusieurs opérations merveilleuses, guérit par des purifications, les femmes lacédémoniennes qu'une espece de manie avoit saisies. Anaximandre physicien de Milet, avertit un jour les Lacédémoniens de quitter la ville, parce qu'il alloit arriver un tremblement de terre. Ils le firent, & ils se retirerent dans la campagne avec leurs meubles, c'est-à-dire, leurs armes. La violence de la secousse détacha le sommet du mont-Taygete, & renversa la ville, où quelques jeunes-gens demeurés au milieu du portique, périrent sous les ruines. Ce fut le même Anaximandre, suivant Diogène Laerce, ou son disciple Anaximene de Milet, suivant Pline, qui fit à Lacédémone le premier cadran solaire.

On ne transgressoit point la xénélasie, en recevant les ministres étrangers à Lacédémone pour des raisons d'état ; les Spartiates se trouvant nécessairement engagés dans le cours des affaires publiques, de négociation, de confédération, de projets de guerre, & de traités de paix qui demandoient le ministere des étrangers. Aussi furent-ils reçus à Sparte avec toutes sortes d'égards & de politesse, sur-tout depuis l'attentat qu'on y eut commis contre les ambassadeurs de Perse en les précipitant dans un puits. Les Lacédémoniens affligés d'abord après de plusieurs maux, les attribuerent à leur cruauté. Persuadés que le ciel en poursuivroit la vengeance, ils proposerent dans une grande assemblée d'expier leur crime par la mort volontaire de quelque citoyen. Sperthiès & Bulis, deux spartiates des plus illustres, s'offrirent aussi-tôt pour victimes, & s'allerent présenter au roi de Perse. Ils furent traités magnifiquement sur la route par les satrapes ; arrivés à Suze, Xercès leur dit que s'ils avoient violé le droit des gens par le meurtre de ses ambassadeurs, il n'avoit garde de faire une action pareille à celle qu'il avoit à leur reprocher, ni de leur donner occasion de cesser d'être coupables en acceptant leur satisfaction, & il les renvoya avec cette réponse pleine de grandeur. Les Lacédémoniens en profiterent & reçurent depuis ce tems-là aussi dignement que les Athéniens, tous les députés qu'on leur envoyoit des pays voisins ou éloignés. Les exemples en sont fréquens dans l'histoire, il seroit ennuyeux de les rapporter.

Nous avons déja remarqué que la xénélasie ne regardoit point les troupes étrangeres qui venoient au secours de Lacédémone. La politique demande qu'on ait encore plus d'égards pour des alliés, que pour les naturels d'un pays, & il est de l'intérêt d'un peuple guerrier d'en user ainsi. Celui-ci cependant crut devoir conserver avec ses alliés une certaine réserve. Les étrangers avec lesquels ils faisoient des campemens & des marches ignoroient jusqu'au nombre des Lacédémoniens qui composoient l'armée confédérée. Ils avoient beau faire des questions ou des plaintes sur cet article, elles étoient reçues avec une sorte de fierté, comme il paroît par quelques réponses d'Agésilas, d'Ariston & d'Agis.

Mais dans le tems des solemnités & des fêtes qu'on célébroit certains jours de l'année, il étoit permis aux étrangers de venir à Sparte en être les témoins. La maniere dont on y produisoit la jeunesse de l'un & de l'autre sexe, devoit piquer une curiosité déréglée. De-là cette proposition cynique rapportée dans Athénée : " Nous n'avons que des éloges à donner à la coutume de Sparte, qui montre ses filles nues aux étrangers ". Ils accouroient en foule à ces spectacles. On les plaçoit à l'ombre, tandis que les Lacédémoniens demeuroient exposés aux ardeurs du soleil. Xénophon parle de Lichas, qui se distinguoit par son attention à régaler les étrangers qui venoient pour-lors à Lacédémone ; & peut-être qu'il faut rapporter à ces sortes d'occasions le festin Copis, décrit fort-au-long par Athénée, où les étrangers mangeoient sans distinction avec les habitans du pays.

La xénélasie lacédémonienne crut encore devoir se relâcher dans les conjonctures en faveur de quelques particuliers, ou même de quelques peuples entiers, que des raisons uniques rendoient agréables à la nation. Arion, célebre musicien de Lesbos, ayant fait naufrage vers les côtes de Laconie, se sauva sur le cap Ténare ; on lui donna retraite, & il consacra dans le temple d'Apollon, situé sur le même promontoire, une statue de bronze pour monument de son aventure. Thémistocle, après la bataille de Salamine, ne recevant ni d'Athènes sa patrie, ni du reste des Grecs les honneurs qu'il méritoit, se rendit à Lacédémone. On lui donna la couronne d'olivier, avec le plus beau char qui fut dans la ville, & trente des principaux citoyens l'escorterent à son retour jusqu'à la frontiere ; honneurs inouis, que les Lacédémoniens ne déférerent jamais à aucun étranger.

Alcibiade & quelques autres, obligés de sortir de leur pays par des raisons d'état, trouverent aussi un asyle à Lacédémone. Il y eut entre ce général athénien & un citoyen de Sparte une hospitalité particuliere, dont Endéas, fils du lacédémonien, tira dans la suite de grands avantages.

L'athénien Périclès fut uni à Archidamus, roi de Sparte, par les mêmes liens de cette hospitalité personnelle, dont les droits étoient si sacrés, qu'Archidamus ravageant les terres des Athéniens, n'osoit toucher à celles de Périclès. Agésilas, autre roi de Sparte, qui aimoit Xénophon athénien, l'exhorta d'envoyer ses enfans à Sparte pour être élevés à la lacédémonienne. Toutes les fois que les Déliens alloient à Lacédémone, ils y étoient reçus avec distinction ; on leur donnoit la préséance sur tout le monde, parce que leurs ancêtres faciliterent aux Dioscures la délivrance d'Hélene. Les Phliasiens qui avoient été fideles à leur alliance avec la république dans le tems de ses malheurs, comme dans ses plus beaux jours, s'étant rendus à Lacédémone, reçurent toutes sortes d'honneurs.

Si d'autres n'eurent point à se louer de l'accueil des Lacédémoniens, ils devoient s'en prendre à eux-mêmes ; Archiloque de Paros étoit à peine entré dans la ville, qu'on l'en fit sortir pour avoir autrefois dit dans ses poésies, qu'il vaut mieux fuir que mourir les armes à la main. Ils chasserent encore Méandrius tyran de Samos, pour avoir distribué des vases d'or & d'argent ; & Mythécus, trop habile cuisinier, pour avoir employé des mets qui flattant le goût, ne convenoient point à la frugalité lacédémonienne. Cette extrême attention à réprimer l'affluence des étrangers dans leur pays étoit d'autant plus nécessaire, que ces étrangers s'aviserent quelquefois d'abuser des bontés dont on les honoroit après les avoir reçus, jusqu'à commettre de basses insolences au milieu même de Lacédémone : témoins ces hommes hardis de Clazomene, qui remplirent de boue & d'ordures les chaires des éphores destinées à rendre la justice, & à regler les affaires de l'état. Ces magistrats affecterent de n'en point paroître offensés ; ils firent simplement annoncer dans les rues cette ordonnance laconique : " Qu'on sache qu'il est permis aux Clazoméniens de faire des sottises. "

Lacédémone eut des magistrats particuliers pour avoir l'oeil sur les étrangers ; on les nomma proxenes, du nom de leur emploi ; ils étoient chargés de recevoir les étrangers, de pourvoir à leur logement, de fournir à leurs besoins & à leurs commodités, de les produire en public, de les placer aux spectacles & aux jeux, & sans doute de veiller sur leurs actions. L'usage des proxenes devoit être commun parmi les différens peuples de la Grece, qui s'envoyoient continuellement des députés les uns des autres pour traiter les affaires publiques : par exemple, Alcibiade athénien & Polydamas thessalien furent proxenes des Lacédémoniens, l'un à Athènes, & l'autre en Thessalie ; par la même raison, les Athéniens & les Thessaliens avoient leurs proxenes lacédémoniens dans la ville de Sparte.

L'étranger n'eut jamais plus de liberté de venir chez les Lacédémoniens, que lorsqu'ils se furent rendus maîtres d'Athènes. Le relâchement qui s'introduisit alors dans les moeurs entraîna peu-à-peu la décadence de leur xénélasie, & des principales maximes de leur gouvernement. Ils commencerent à rechercher les plaisirs de la vie, & il fallut bien que les étrangers leur en procurassent les moyens, puisque Lacédémone n'avoit ni négoce, ni connoissance des arts frivoles. On en vint dans la suite des tems jusqu'à ouvrir aux étrangers dans la ville de Las un entrepôt général pour le commerce maritime. Enfin la xénélasie s'oublia, & les Spartiates perdirent leurs vertus. Cet article peut paroître long, mais il s'agit de Lycurgue & de Lacédémone. (D.J.)


XENIAE(Géog. anc.) Cicéron nomme ainsi des bains. On les appelloit de ce mot, quasi hospitales, comme il paroît par l'oraison pour Coelius, c. xxv. Quelques éditions portent Xeniae ad Balneas Xenias.

Gruter a rétabli le mot Xenias sur l'autorité des manuscrits. Ces bains étoient publics. (D.J.)


XÉNIESS. f. pl. xenia, (Littérat.) ce mot signifioit chez les Grecs les présens qu'ils faisoient à leurs hôtes pour renouveller l'amitié & le droit d'hospitalité. Les gens riches & magnifiques dans cette nation avoient des appartemens de réserve, avec toutes les commodités possibles, pour y recevoir les étrangers qui venoient loger chez eux. La coutume étoit qu'après les avoir traités le premier jour seulement, ils leur envoyoient ensuite chaque jour quelques présens des choses qui leur venoient de la campagne, comme des poulets, des oeufs, des herbages & des fruits. Les étrangers de leur côté ne manquoient pas de rendre à leurs hôtes présens pour présens, & ces divers dons de part & d'autre s'appelloient , comme on le voit dans Homere, qui nomme ainsi les présens que se font Glaucus & Diomede. C'est du mot xénia qu'a été formé celui de xénodochion, maison où l'on reçoit gratuitement les étrangers qui voyagent. (D.J.)


XÉNILLE, (Géog. mod.) riviere d'Espagne. Elle prend sa source au royaume de Grenade, passe près de la ville de Grenade, & va se rendre dans le Guadalquivir. C'est la Singules des anciens.


XÉNISMESS. m. (Antiq. grecq.) , sacrifice qu'offroient les Athéniens dans leurs fêtes anacées en l'honneur des Dioscures. Ces sacrifices s'appelloient , parce que ces deux divinités étoient , c'est-à-dire, étrangeres. Athénée, deipnos. l. II. fait mention des jeux qu'on célébroit dans cette réjouissance. Voyez Potter, archaeol. graec. l. II. c. xx. tome I. p. 366. (D.J.)


XÉNIUS(Mythologie) c'est-à-dire l'hospitalier, c'étoit chez les Grecs une des épithetes de Jupiter.


XÉNOCLÉES. f. (Mytholog.) prêtresse de Delphe. Ayant vu venir Hercule pour consulter l'oracle d'Apollon, elle refusa de lui rendre aucune réponse, parce qu'il étoit souillé du sang d'Iphitus qu'il venoit de tuer. Hercule offensé de ce refus emporta le trépié de la prêtresse, & ne consentit de le rendre qu'après qu'il eut reçu satisfaction. C'est de-là, dit Pausanias, que les Poëtes ont pris occasion de feindre qu'Hercule avoit combattu contre Apollon pour un trépié. (D.J.)


XENODOQUES. m. (Hist. nat.) c'étoit dans l'église romaine un officier chargé de l'inspection du lieu nommé Xenodochium, destiné à recevoir les hôtes, pélerins, pauvres, voyageurs, ce que nous pourrions rendre en françois par hospitalier. Voyez HOSPITALIER.

S. Isidore, prêtre d'Alexandrie, & qui vivoit dans le quatrieme siecle, fut nommé Xenodochus, parce qu'on lui avoit confié dans cette église le soin de la réception & du traitement des étrangers.


XENSI(Géog. mod.) province de la Chine, la troisieme de cet empire ; elle est bornée par la grande muraille, par le fleuve jaune & par des montagnes. Elle contient huit métropoles & cent sept cités, quelques mines & beaucoup de rhubarbe ; le terroir y est fertile, à cause des rivieres & des torrens qui l'arrosent : Sigan est la capitale de cette province. (D.J.)


XENXUSS. m. (Hist. mod. superstit.) ce sont des moines du Japon qui professent la religion de Budsdo. Le P. Charlevoix, jésuite, nous apprend que pour se rendre agréables aux grands, ils ont cherché à rendre la morale facile, & à débarrasser la religion de tout ce qu'elle peut avoir de gênant ; ce sont des casuistes relâchés qui décident toujours en faveur des passions.

Ils nient l'immortalité de l'ame, & l'existence de l'enfer & du paradis ; ils enseignent que toutes les espérances des hommes doivent se borner aux avantages de la vie présente, & ils prétendent appuyer leurs opinions sur la doctrine intérieure de Siaka, qu'ils accommodent à leur morale corrompue. Voyez SIAKA.


XERANTHEMES. m. xeranthemum, (Hist. nat. Bot.) genre de plante à fleur radiée, dont le disque est composé de plusieurs fleurons soutenus par un embryon ; la couronne de cette fleur est formée de pétales plats qui ne tiennent à aucun embryon, & qui sont contenus avec les fleurons dans un même calice. L'embryon devient dans la suite une semence garnie d'un chapiteau composé de petites feuilles. Tournefort, inst. rei herb. Voyez PLANTE.


XERES DE BADAJOSou XERES DE LOS CAVALLEROS, (Géog. mod.) ville d'Espagne dans l'Estramadure, au royaume de Léon, sur le torrent d'Ardilla, à 4 lieues au midi de Badajos. Charles V. lui accorda le titre de cité. Son terroir est rempli d'excellens pâturages, où l'on nourrit quantité de bêtes à cornes. Long. 10. 40. latit. 38. 8. (D.J.)


XERES DE LA FRONTERA(Géog. mod.) ville d'Espagne, dans l'Andalousie, sur le bord du Guadalquivir, à deux lieues du port de Sainte-Marie, à trois d'Arcos, à quatre de Saint-Lucar, à cinq de Cadix, à quinze de Séville, à vingt-huit de Cordoue, & à cent de Madrid. Elle est grande & peuplée de beaucoup de noblesse. Elle a été bâtie sur les ruines de l'ancienne Asta regia. Son terroir est des plus fertiles, couvert d'orangers, de citronniers, d'oliviers & d'autres arbres fruitiers. Les vignes y produisent les meilleurs vins d'Espagne. C'est aux environs de cette ville que Roderic, dernier roi des Goths, perdit en 712 une bataille décisive. Long. 11. 30. latit. 36. 37. (D.J.)

XERES DE LA FRONTERA, (Géog. mod.) nom de deux bourgades de l'Amérique septentrionale, dans la nouvelle Espagne ; l'une est dans l'audience de Guatimala, l'autre dans la province de la nouvelle Galice, à 30 lieues de Guadalajara.


XÉRICA(Géog. mod.) petite ville d'Espagne, au royaume de Valence, sur le Morvédro, au-dessus de Ségorbe, & à deux lieues de cette ville. Long. 16. 52. latit. 39. 56.


XERIMENHA(Géog. mod.) petite ville de Portugal, dans la province d'Alentéjo, au sud-ouest d'Elvas, près de la Guadiana.


XEROMYRONS. m. (Pharmacie anc.) les anciens nommoient ainsi une composition d'aromates secs réduits en poudre, qu'on appelle improprement onguent gras ; car il n'entroit dans leur composition aucun ingrédient qui fût tel. (D.J.)


XÉROPHAGIE(Hist. ecclés.) dans l'histoire ecclésiastique, est l'action de se nourrir d'alimens secs. Ce mot est dérivé du grec, & composé de , sec, & de , manger, comme qui diroit jeûne où l'on ne mange que des choses seches.

C'étoit le nom que dans la primitive église on donnoit aux jours de jeûne auxquels on ne mangeoit que du pain avec du sel, & où l'on ne buvoit que de l'eau. Ces grands jeûnes se faisoient pendant les six jours de la semaine sainte par dévotion, mais non par obligation ; & Tertullien, dans son livre de l'abstinence, remarque que l'Eglise recommandoit la xérophagie comme une pratique utile en tems de persécution. Elle condamna les Montanistes qui vouloient faire de la xérophagie un précepte pour tout le monde pendant plusieurs carêmes, qu'ils prétendoient instituer dans le cours du carême. Philon rapporte que les Esséens ou Esséniens & les Thérapeutes observoient aussi des xérophagies en certains jours, n'ajoutant au pain & à l'eau que du sel & de l'hyssope. Voyez ESSENIENS & THERAPEUTES.

Les athletes chez les payens pratiquoient aussi en certains jours la xérophagie, mais uniquement par principe de santé, & pour entretenir leurs forces. Voyez ATHLETES, JEUNE, ABSTINENCE.


XÉROPHTHALMIou plutôt SCLÉROPTHALMIE, s. f. (Chirurgie, Malad. des yeux) en latin lippitudo arida palpebrarum, gratelle des paupieres ; c'est une chassie seche, fermement adhérente aux bords des paupieres, lesquelles sont un peu enflées, rouges, médiocrement douloureuses, & pesantes. (D.J.)


XÉROPHTHALMIQUES(Médecine) de & , ophthalmica sicca ; ce sont des remedes propres pour l'inflammation seche des yeux ; tels sont le lait de femme, le petit-lait, l'eau de guimauve, les eaux de chélidoine, d'euphraise, de cyanus ou bluet, & de plantain. Voyez OPHTHALMIQUES.


XÉROTRIBIES. f. (Médec. anc.) xerotribia en latin, en grec , de , sec, & , frotter ; c'étoit, chez les anciens, toute friction seche faite avec la main ou autrement sur une partie malade, pour y rappeller la chaleur & la circulation. (D.J.)


XERTELA, (Géog. mod.) ou la Xerete, riviere d'Espagne, au royaume de Léon, dans l'Estramadure. Elle a sa source au mont de Tornavacas, & après un cours de treize lieues elle se rend dans l'Aragon. (D.J.)


XESTEXESTA, du grec , s. m. (Hist. anc.) mesure attique égale au sextier romain. Voyez SEXTIER.


XICONA(Géog. mod.) & par l'auteur de la Poblacion général de las Espagnas, Sexonae ; petite ville d'Espagne, au royaume de Valence, entre des montagnes, au nord d'Alicante, avec un château bâti sur une hauteur. Il croît dans ses environs du vin aussi estimé que celui d'Alicante. Long. 17. 22. latit. 38. (D.J.)


XILOALA, (Géog. mod.) riviere d'Espagne, en Aragon. Elle a sa source auprès d'Albarazin, & se jette dans le Xalon auprès de Calatajud.


XILOCASTRO(Géog. mod.) bourg de la Morée, au duché de Clarence, à deux lieues au sud du golphe de Lépante, & à treize au levant de la ville de Patras. Niger suivi par M. Delisle, croit que ce bourg a été fondé sur les ruines de l'ancienne Aegyra, ville du Péloponnèse, dans l'Achaïe propre.


XILOTÉPEQUE(Géog. mod.) canton de l'Amérique septentrionale, au Méxique. Il est au nord-ouest de Méchoacan, entre la riviere de Panuco & la ville de México. Il renferme quelques bourgs & des villages.


XIMENA(Géog. mod.) ville d'Espagne, dans l'Andalousie, à cinq lieues au nord de Gibraltar, sur une montagne pleine de rochers, au pié de laquelle est du côté de l'orient, un pays très-fertile, arrosé par une petite branche du Guadiaro. L'ancienne Ximena est sur le sommet de la montagne, & l'on juge par les arcades & par les voûtes, qu'elle a été bâtie par les Maures. M. Conduitt y a trouvé l'inscription suivante sur une pierre d'une des portes de cette ville ruinée : L. Herenniano Herenniano, L. Cornelius Herennius Rusticus Nepos ex testamento posuit nonis Martiis. Sex. Quintilio Condiano. Sex. Quintilio Maximo Coss. Le pere Mariana, liv. III. ch. ij. dit que la caverne où Crassus vint se cacher, étoit proche de Ximena. M. Conduitt fit sans succès trois lieues à la ronde pour la découvrir ; cependant il est vrai qu'il y a plusieurs cavernes dans cette partie de l'Espagne. Long. 12. 30. latit. 36. 15. (D.J.)


XIMENIES. f. (Hist. nat. Bot.) Ximenia, genre de plante à fleur monopétale, en forme de cloche, divisée en trois parties, dont l'extrémité est ordinairement recourbée en-dehors. Le pistil sort du calice, & devient dans la suite un fruit ovoïde & mou, qui contient un noyau dans lequel il y a une amande de la même forme que le fruit. Plumier, nova plant. amer. genera. Voyez PLANTE.


XINGULE, (Géog. mod.) riviere de l'Amérique méridionale, qui prend sa source dans les mines du Brésil, & se rend dans l'Amazone, entre les forts de Paru & de Curupa, par plusieurs bouches. Le Xingu. peut avoir une lieue de large à son embouchure.

C'est la même riviere que le P. d'Acunha nomme Paranaiba, & le P. Fritz dans sa carte, Aoripana ; elle descend, ainsi que celle de Topayos, des mines du Brésil ; elle a un saut à sept à huit journées au-dessus de son embouchure, ce qui n'empêche pas qu'on ne puisse la remonter en canot, au-moins deux cent lieues, s'il est vrai que cette navigation demande plus de deux mois.

Ses bords abondent en deux sortes d'arbres aromatiques, l'un appellé cuchiri, & l'autre puchiri. Leurs fruits sont à-peu-près de la grosseur d'une olive ; on les rape comme la noix muscade, & on s'en sert aux mêmes usages. L'écorce du premier a la saveur & l'odeur du clou de girofle, que les Portugais nomment cravo : ce qui a fait appeller par corruption l'arbre qui produit cette écorce, bois de crabe par les François de Cayenne. Si les épiceries qui nous viennent de l'Orient, laissoient quelque chose à desirer en ce genre, celles-ci seroient plus connues en Europe. On ne laisse pas d'en porter à Lisbonne une assez grande quantité. Elles passent en Italie & en Angleterre, où elles entrent dans la composition de diverses liqueurs. (D.J.)


XINIA(Géog. anc.) ville de Thessalie, avec un lac nommé Xynias ; ce nom n'est que le génitif de l'autre, & veut dire de Xynie. Tite-Live, liv. XXXII. & l. XXXIX. parle de Xyniae au pluriel. Ce n'étoit qu'une bourgade aux confins des Perrhèbes. (D.J.)


XIPHIASS. m. (Phys.) météore igné en forme d'épée. Voyez METEORE.

Il differe de celui qu'on appelle acontias, en ce que ce dernier est plus long & moins large dans le milieu, ressemblant davantage à un dard. Voyez ACONTIAS. Chambers.


XIPHINUS(Hist. nat.) nom sous lequel on a voulu désigner le saphir.


XIPHIONS. m. (Hist. nat. Botan.) genre de plante décrit sous le nom d'iris bulbeux. Voyez IRIS BULBEUX.


XIPHOIDECARTILAGE, (Anat.) le cartilage xiphoïde est une petite appendice du sternum ; on appelle ce cartilage xiphoïde ou ensiforme, parce qu'il est aigu, & ressemble un peu à la pointe d'une épée. Quelquefois ce cartilage est triangulaire, ou oblong, ou partagé en deux, dont la plus grande partie passe par-dessus la plus petite, comme on le voit dans la plante que l'on nomme hippoglossum, & entre ces deux parties, l'artere & la veine mammaire passent de chaque côté. D'autrefois ce cartilage est séparé en deux comme une fourchette. Il est ordinairement de la longueur d'un pouce, quelquefois de deux, trois, & même de quatre, ainsi que Palfin l'a remarqué. Bourdon rapporte avoir vu un sujet où ce cartilage manquoit.

Plusieurs anatomistes prétendent que lorsque ce cartilage n'est point divisé, il se rencontre un trou par lequel passent les vaisseaux mammaires internes. Quelquefois aussi on observe un trou au milieu du sternum par où passent ces vaisseaux, ce qui arrive plus souvent aux femmes qu'aux hommes ; mais quand il manque aux femmes, l'on trouve presque toujours un trou dans ce cartilage ; quelquefois aux hommes ces vaisseaux passent aux côtés. Riolan assure avoir vu une femme, qui avoit ce trou si grand dans le sternum, que l'on y pouvoit presque introduire le petit doigt.

Il arrive quelquefois par une cause intérieure, que le cartilage xiphoïde vient à se relâcher & à s'enfoncer en-dedans : cet accident est suivi de grandes douleurs, par la compression que souffre alors le ventricule, avec perte d'appétit, & vomissemens : ce qui fait que le malade devient maigre & fort foible.

Pour réduire ce cartilage, quelques chirurgiens conseillent d'appliquer deux ou trois fois une ventouse qui ait une grande embouchure, & de la tirer subitement & avec effort, après l'avoir laissée un peu de tems, afin de donner au malade la liberté de respirer. Cependant cette sorte de réduction proposée par les anciens, n'est plus en usage & est mal imaginée ; on se contente dans ce cas de porter le doigt assez profondément, en l'appuyant sous la courbure du cartilage, pour le redresser autant qu'il est possible ; mais il faut convenir qu'on n'en vient point à bout ; cependant le lecteur peut consulter la dissertation de Codronchus, de prolapsu cartilaginis mucronatae.

Le commun peuple appelle la courbure du xiphoïde dont nous venons de parler, le brechet. (D.J.)


XIPHOSS. m. (Antiq. grecq.) , nom d'un supplice capital chez les Athéniens qui consistoit à avoir la tête tranchée par l'épée. Potter, Archaeol. graec. tome I. page 133. (D.J.)


XIRIA(Géog. mod.) montagne de la Morée, sur les confins de la Zaconie & du Belvéder. On la prend pour l'ancienne Pholoë, montagne de l'Arcadie, dont Pline parle, l. IV. c. vj. (D.J.)


XIRISS. m. (Hist. nat. Botan.) c'est le nom que les Botanistes, les Bauhins, Gérard, Parkinson, Ray, Tournefort, & autres, ont donné à notre glayeul puant. Voyez-en l'article.

Mais dans le systême botanique de Linnaeus, le xiris forme un genre de plante particulier, dont voici les caracteres.

Le calice de la fleur est une sorte d'épi fait d'écailles arrondies, creuses, rangées en maniere de tuiles, qui divisent la fleur ; la bâle de l'épi a deux battans, arqués en forme de petit bateau. La fleur est composée de trois pétales, grands, applatis, déployés, & dentelés dans les bords ; les étamines sont trois filets déliés, plus courts que la fleur ; les bossettes des étamines sont oblongues & droites ; le germe du pistil est arrondi ; le style n'est qu'un simple filet ; le stigma est divisé en trois parties ; le fruit est une capsule arrondie, contenant intérieurement le calice, avec trois loges, & trois battans ; les graines sont très-nombreuses, & fines comme de la poussiere. Linnaei, gen. plant. p. 11. (D.J.)


XOAou XAOA, ou SEWA, (Géog. mod.) royaume de l'Ethiopie, dans l'Abissinie ; c'est un grand royaume arrosé du fleuve Jéma, qui le coupe de l'est à l'ouest. (D.J.)


XOCHICOPALLIS. m. (Hist. nat. Bot. exot.) arbre de médiocre hauteur des Indes occidentales ; il est commun dans la province de Méchoacan. Son tronc & son écorce produisent par incision une liqueur qui sent le limon, & à laquelle on attribue les vertus de la résine copal. Les feuilles de cet arbre sont longues de cinq à six pouces, larges de deux, d'un verd obscur ; ses fleurs sont composées de quantité d'étamines jaunes. (D.J.)


XOCHINACAZTLIS. m. (Hist. nat. Botan. exot.) plante mexicaine qui croît dans la nouvelle Espagne ; sa fleur, dit Hernandez, entre dans la composition du chocolat ; elle contribue à le rendre agréable à l'odeur & au goût. (D.J.)


XOCHIOCOTZOLS. m. (Hist. nat. Botan.) c'est le nom que les Indiens mexicains donnent à l'arbre qui fournit par incision la résine appellée liquidambar. Cet arbre est d'une grandeur extraordinaire ; ses feuilles ressemblent à celles du larix ; elles sont divisées dans leurs deux parties en trois angles, blanchâtres d'un côté, d'un verd obscur de l'autre, & dentelées à l'entour ; l'écorce de cet arbre est rougeâtre. Voyez LIQUIDAMBAR.


XOCOXOCHITLS. m. (Hist. nat. Botan.) arbre particulier à la province de Tabasco, dans la nouvelle Espagne ; ce qui fait que les Espagnols ont nommé son fruit poivre de Tabasco. Cet arbre est très-grand ; ses feuilles sont semblables à celles d'un oranger, & sont d'une odeur agréable ; ses fleurs sont rouges, ressemblent à celles d'un grenadier, & ont l'odeur de l'orange ; ses fruits sont ronds, d'abord verds, ensuite rougeâtres ; enfin ils deviennent noirs ; leur goût est fort âcre ; on s'en sert pour assaisonner les alimens.


XODOXINSS. m. plur. (Hist. mod. superstit.) ce sont des bonzes ou moines japonois de la secte de Budsdo ou de Siaka, qui suivent littéralement les préceptes de Siaka, & qui ont en horreur la morale relâchée des Xenxus ; ils rendent un culte particulier au dieu Amida. Voyez SIAKA (religion de.)


XOIS(Géog. anc.) ville d'Egypte, dans le nôme qui prenoit d'elle le nom de Xoïte ; Ptolomée, l. IV. c. v. parle du nôme & de la ville. (D.J.)


XOLO(Géog. mod.) grande île d'Asie, dans l'Archipel des Moluques, à trente lieues de Mindanao, vers le sud-est, & qui est gouvernée par son roi particulier. J'ai déjà parlé de cette île sous le nom de Gilolo : j'ajouterai seulement que c'est dans cette île qu'arrivent tous les navires de Borneo ; & on peut l'appeller la foire de tous les royaumes maures. La chaleur de l'air y est tempérée par des pluies fréquentes qui rendent le terroir abondant en riz.

On assure que cette île est la seule des Philippines où il y ait des éléphans ; & parce que les Indiens ne les apprivoisent pas, comme l'on fait à Siam & à Camboye, ils s'y sont extrêmement multipliés ; on y trouve des chevres, dont la peau est mouchetée comme celle des tigres. On estime beaucoup un oiseau nommé salangan, qui fait son nid comme les moineaux ; ces nids étant bouillis, passent pour fortifians. Parmi les fruits, cette île a le durion, & beaucoup de poivre que les habitans recueillent verd, & un fruit particulier qu'ils appellent du paradis, & les Espagnols fruit du roi ; parce qu'il ne se trouve que dans son jardin. Il est gros comme une pomme ordinaire, de couleur de pourpre ; il a de petits pepins blancs, gros comme des gousses d'ail, couverts d'une écorce épaisse comme la semelle d'un soulier, qui sont d'un goût très-agréable. (D.J.)


XOMOTLS. m. (Hist. nat. Ornitholog.) nom d'un oiseau d'Amérique, dont les Indiens employent les plumes pour se parer ; c'est un oiseau de riviere ou de marécage à piés plats, & garnis d'une membrane comme l'oie ; sa gorge est brune ; son dos & la partie supérieure de ses aîles sont noires ; quand cet oiseau est en colere, il dresse les plumes de sa tête en forme de crête. (D.J.)


XOXOUHQUITICLIPATLIS. m. (Hist. nat. Ornitholog.) nom amériquain d'une pierre du genre des jaspes, & d'un très-beau verd ; mais ordinairement elle est pâle, quelquefois teinte de gris, & marquetée de taches d'un verd foncé. On trouve cette pierre parmi les néphrétiques dont le pays abonde, & dont les Indiens font grand cas à cause des vertus qu'ils lui attribuent dans diverses maladies ; cependant ils n'en donnent aucune à cette espece particuliere. (D.J.)


XPHSTOS(Inscript.) ce mot qui veut dire très-bon, se trouve fréquemment sur les tombeaux, & dans les anciennes épitaphes des Grecs & des Romains. (D.J.)


XPOA(Musique ancienne) n'est point le genre chromatique, comme l'ont cru plusieurs traducteurs. n'est autre chose que la division d'un genre musical en ses différentes especes, selon Euclide. (D.J.)


XPUSOPHULAX(Antiq. grecq.) c'est-à-dire, gardien de l'or d'Apollon ; quoiqu'il n'eût point l'or en garde. C'étoit un ministre subalterne du temple de Delphes, administrateur de tout ce qui regardoit la propreté de ce temple sacré ; il habitoit à l'entrée du sanctuaire. Il falloit qu'il se levât tous les jours avec le soleil, & qu'il balayât le temple avec des rameaux de laurier cueillis autour de la fontaine de Castalie ; qu'il attachât des couronnes du même laurier sur les murailles du temple & sur les autels autour du trépié sacré ; qu'il en distribuât aux prophetes, aux phaebades, aux poëtes, aux sacrificateurs, & aux autres ministres.

Il alloit après cela puiser de l'eau de la fontaine de Castalie dans des vases d'or, & en remplissoit les vases sacrés placés à l'entrée du temple, où l'on étoit obligé de purifier ses mains en entrant. Il faisoit ensuite une aspersion de cette même eau sur le pavé du temple, sur les portes, & sur les murs, avec un goupillon de laurier.

Quand tout cela étoit achevé, il prenoit un arc ou un carquois, & alloit donner la chasse aux oiseaux qui venoient se poser sur les statues dont le temple étoit environné ; voilà d'où lui vint le nom de gardien de l'or d'Apollon. Il ne tuoit pourtant ces oiseaux qu'à la derniere extrémité, & lorsqu'il avoit employé sans effet les cris & les menaces ; mais entre les oiseaux la colombe étoit privilégiée, & pouvoit habiter en sûreté dans le temple du dieu.

Le ministre dont nous parlons, étoit obligé de vivre dans la continence pendant les fonctions de son ministere ; il est vraisemblable qu'il y en avoit plusieurs de son ordre qui se relayoient tour-à-tour. (D.J.)


XUCAHAou XUCAAHI, (Botan. des Arabes) nom d'une plante célébrée pour ses vertus par les anciens médecins arabes ; mais nous ne connoissons plus aujourd'hui cette plante. Sa racine étoit formée de différens noeuds, qui étant séparés & séchés, acquéroient une couleur jaunâtre ; la substance de cette racine étoit très-légere, spongieuse, d'une odeur aromatique agréable, mais d'un goût amer ; du reste semblable de figure à la racine du souchet ; ils la vantoient pour ses vertus cordiales & stomachiques. (D.J.)


XUCARLE, (Géog. mod.) riviere d'Espagne, au royaume de Valence. Le Xucar est le Sucro fluvius des anciens, fleuve de l'Espagne tarragonoise. Il prend sa source dans la nouvelle-Castille, traverse la petite province de la Sierra, où il reçoit deux petites rivieres, le Cabriel & l'Oriara ; après cela il vient arroser le royaume de Valence en largeur, de l'occident à l'orient, & va perdre son nom & ses eaux dans la mer, près d'une petite place nommée Cullera, qui donne son nom à un cap voisin. (D.J.)


XUCHINACAZTLIS. m. (Hist. nat. Bot.) fleur du Mexique, qui a la forme d'une oreille humaine. Les pétales sont d'un beau pourpre à l'intérieur, & vertes en-dehors ; l'odeur en est très-agréable. Les Espagnols la nomment flor de la oreja, ou fleur de l'oreille.


XUEHIA(Géog. anc.) contrée de la Sicile, selon Diodore de Sicile, l. V. c. viij. on l'a nommée ensuite Leontinus ager. L'ancien nom venoit de Xutus son ancien maître, & le nouveau de la ville Leontini, aujourd'hui Lentini. Etienne le géographe fait une ville de ce canton.


XUITCHEU(Géog. mod.) ville de la Chine dans le Kiangsi, elle est voisine du fleuve Hoayang. Long. suivant le P. Noël, 152d. 46'. 30". latit. 28. 52. (D.J.)


XUXUY(Géog. mod.) autrement & plus communément San-Salvador ; ville de l'Amérique méridionale au Paraguay, dans la partie septentrionale du Tucuman, sur une riviere qui se jette dans Rio-Vermejo.


XV-VIR(Antiq. Inscrip. Méd.) écriture abrégée qui veut dire quindecim vir. Les Antiquaires se servent de cette abréviation d'après les médailles, & autres monumens de l'antiquité. (D.J.)


XYLO-ALOEle bois de l'aloës, appellé aussi agallochum. Voyez ALOES : Ce mot est composé de ξυλον, bois, & de αλον, aloës.


XYLOBALSAMUM(Hist. des drogues) ou balsami lignum, en grec , est un nom sous lequel on apporte en Europe des tiges ou des rameaux grèles, ligneux, minces, tortus, noueux, branchus, de la grosseur d'une plume d'oie, ou du petit doigt, couverts de deux écorces ; l'extérieure de ces écorces est mince, ridée, rousse ; l'intérieure est d'un verd-pâle, d'une saveur & d'une odeur un peu résineuse, qui approche de celle de l'opobalsamum, lorsqu'il est récent. Il est rare de trouver le vrai bois du baumier dans les boutiques ; ou si l'on en trouve, il est vieux & sans aucune odeur. A la place du xylobalsamum on y substitue des rameaux de lentisque oints d'opobalsamum. (D.J.)


XYLOCARPASUMS. m. (Hist. nat. Bot. anc.) nom donné par les anciens auteurs à une sorte de bois vénéneux ; c'étoit le bois d'un arbre dont la gomme s'appelloit carpasum, & qui étoit encore plus vénéneuse que le bois même. Sa couleur étoit tout-à-fait semblable à celle de la myrrhe, venoit du même pays, & se trouvoit quelquefois mêlée avec elle, ce qui causoit de cruels accidens à plusieurs particuliers : aujourd'hui nous ne connoissons plus ni l'arbre, ni cette gomme vénéneuse ; & notre myrrhe n'est funeste à personne. (D.J.)


XYLON ARBOREUMJ. B. (Hist. nat. Botan.) cette plante est un arbrisseau que l'on cultive en Egypte ; ses branches & son tronc sont durs & ligneux. Les Chirurgiens de ce pays se servent de son coton pour faire des tentes au lieu de linge, dans le pansement des plaies & des ulceres : ils en font le même usage que celui que nous faisons du linge dans les hémorrhagies. Ils emploient très-fréquemment le mucilage du xylon dans toutes les fievres brûlantes, & dans les poisons qui menacent d'érosion l'estomac & les intestins, ainsi que dans les toux qui viennent de la chûte d'humeurs âcres & salées. Prosper Alpin, de med. aegyp.

Cette plante a les propriétés des mauves. Ses semences sont employées dans les maladies de poitrine, & dans les toux violentes ; elles facilitent l'expectoration.


XYLOPHORIES. f. (Hist. anc.) formé du grec , bois, & de , je porte.

La xylophorie étoit une fête des Hébreux, dans laquelle on portoit en solemnité du bois au temple, pour l'entretien du feu sacré qui brûloit toujours sur l'autel des holocaustes. Nous ne trouvons cette fête marquée dans aucun endroit de l'Ecriture ; mais Josephe en fait mention, liv. II. de la guerre des Juifs, c. xvij. & l'on croit communément qu'elle fut instituée dans les derniers tems de la nation, lorsque la race des Nathinéens étant presqu'éteinte, les prêtres & les lévites n'avoient plus de serviteurs pour leur préparer & leur apporter le bois nécessaire aux sacrifices. Voyez NATHINEENS.

Selden veut que cette provision se fît dans le mois Ab, qui revient à-peu-près à Juillet. D'autres la mettent au mois Elul, qui répond à notre mois d'Août. Les rabbins enseignent qu'on préparoit avec grand soin le bois qui devoit être brûlé sur l'autel ; qu'on le nettoyoit très-proprement, & qu'on n'y laissoit ni pourriture, ni rien de gâté & de vermoulu. Mais on sait quel fond il y a à faire sur la plûpart de leurs traditions. Calmet, diction. de la bible.


XYLOPOLIS(Géog. anc.) ancienne ville de la Macédoine dans la Mygdonie, selon Ptolomée, lib. III. c. xiij. Pline, l. IV. c. x. donne le nom des habitans selon sa coutume, & dit Xylopolitae. (D.J.)


XYLOSTÉONS. m. (Hist. nat. Bot.) genre de plante à fleur monopétale, soutenue par un calice double, qui n'a qu'un pédicule, & qui est profondement découpé, & fait en forme de tuyau. Ce calice devient dans la suite un fruit à deux baies molles, qui renferment chacune une semence applatie & presque ronde. Tournefort, inst. rei herb. Voyez PLANTE.

On n'en connoît qu'une seule espece, celle des Pyrénées. C'est un arbrisseau qui se soutient de lui-même, sans s'attacher aux plantes voisines. Il pousse un bois blanc ; ses feuilles sont oblongues, molles, d'un verd-blanchâtre, un peu velues. Ses fleurs sont blanchâtres, attachées deux à deux sur un même pédicule, formées en tuyaux, évasées en cloche, & découpées en quatre ou cinq parties ; ces tuyaux sont soutenus par un double calice. Ce calice après la chûte des fleurs, devient un fruit à deux baies, grosses comme de petites cerises, molles, rouges, remplies d'un suc amer, désagréable, & de quelques semences applaties, presque ovales. Ce fruit au nombre de cinq ou six baies, est émétique & purgatif ; il n'est point d'usage en médecine, & avec raison. (D.J.)


XYNELOPOLIS(Géog. anc.) ville bâtie par Alexandre. On ne sait pas trop où elle étoit. Elle ne subsistoit déja plus du tems de Pline, l. VI. c. xxiij. qui dit : La navigation d'Onesicrite & de Néarque, ne marque ni les mentions, ni les distances ; & premierement, on n'explique point ni sur quel fleuve, ni en quel endroit étoit Xynelopolis bâtie par Alexandre, d'où leur route commençoit. Cellarius, Geogr. ant. l. III. c. xxij. p. 854. ajoute : il semble qu'elle ait été au bout de la Gédrosie, près de l'embouchure de l'Indus, parce que leur navigation commence en ce canton là. (D.J.)


XYNOCÉESS. f. pl. (Hist. anc.) fêtes célebres chez les Athéniens, instituées au sujet de la réunion que Thésée fit de toutes les bourgades & petites communautés de l'Attique, en un seul corps de république. Elles étoient signalées par des sacrifices, des jeux, & des repas publics dans le Prytanée. Leur nom est formé du grec ou , ensemble ou avec, & de , inhabito, pour marquer la réunion ou société qu'avoient alors formée tous ces habitans, auparavant indépendans & dispersés. Potter.


XYSTARQUES. m. (Antiq. grecq.) officier qui présidoit aux xystes & au stade. Son autorité s'étendoit, non sur tout ce Gymnase ; mais seulement sur tous les endroits de cet édifice, où s'exerçoient les athletes, c'est-à-dire sur les xystes, le stade, la palestre, comme l'insinue Tertullien, & comme il est facile de le conjecturer d'une ancienne inscription grecque, qu'on lit à Rome sur le piédestal d'une statue, dans le forum Trajani, & qui est rapportée en latin par Mercurial. Au reste, si le xystarque n'étoit pas précisément le même que le gymnasiarque, on doit se persuader qu'il lui étoit peu inférieur, & qu'il tenoit dans le Gymnase un rang très-honorable, puisque Ammian Marcellin fait mention en quelque endroit, de la pourpre & de la couronne du xystarque ; ce qui prouve que cet officier présidoit aux jeux & aux exercices. (D.J.)


XYSTES. m. (Littérat. & Archit. antiq.) c'étoit chez les Grecs & les Romains, un lieu d'exercice consacré à divers usages ; mais quoique le mot grec xystos, désigne un lieu couvert destiné aux exercices de la gymnastique, le mot xystus des Latins signifie d'ordinaire une promenade découverte. Indiquons la forme & la coupe des xystes, car c'est une chose peu connue.

1°. On faisoit l'alignement d'une place quarrée ayant de circuit deux stades, qui font 250 pas. Trois de ses faces avoient un portique simple, avec des grandes salles dessous, où les Philosophes & autres gens de lettres se rendoient pour discourir & s'entretenir ensemble.

A la face, qui devoit être tournée au midi, les portiques étoient doubles, de peur que les pluies d'hiver ou d'orage, ne pussent passer jusqu'au second, & qu'en été l'on eut aussi le moyen de s'éloigner davantage du soleil. Au milieu de ce portique, il y avoit une grande salle d'un quarré & demi de long, où l'on donnoit leçon aux enfans ; à côté de cette salle étoient les écoles de jeunes filles ; sur le derriere étoit le lieu où les athletes alloient s'exercer : plus avant, tout-au-bout de la façade du portique, on avoit les bains d'eau froide.

A main gauche de la salle des jeunes gens, les lutteurs s'alloient frotter d'huile, pour se rendre les membres plus souples & plus robustes, & proche de-là étoit la chambre froide, où ils venoient se dépouiller. On entroit ensuite dans la chambre tiéde, dans laquelle on commençoit à faire du feu & se tenir un peu chaudement, pour entrer après dans l'étuve, où le poële étoit d'un côté, & de l'autre le bain d'eau chaude. L'architecte ayant bien considéré que la nature ne passe jamais d'une extrémité à l'autre, que par des milieux tempérés, voulut à son imitation, que pour aller d'un lieu froid en un autre chaud, le passage se trouvât tiede.

A l'issue de tous ces appartemens, il y avoit trois portiques ; celui du côté de l'entrée étoit situé vers le levant ou le couchant ; les deux autres étoient à droite & à gauche, tournés l'un au septentrion, & l'autre au midi ; celui du septentrion étoit double, & large comme la hauteur de ses colonnes. Le portique qui regardoit le midi étoit simple, mais beaucoup plus ample que le précédent. Pour faire son compartiment on laissoit, tant du côté du mur, que du côté des colonnes, 10 piés de largeur. Cet espace donnoit un chemin en forme de levée, de laquelle on descendoit deux marches par un escalier de 6 piés, qui entroit dans un parterre couvert ayant au moins 12 piés de profondeur. C'étoit-là que les athletes venoient s'exercer en hiver, sans recevoir aucune incommodité de ceux qui s'assembloient sous le portique pour les regarder : les spectateurs de leur côté avoient aussi l'avantage de bien voir, à cause de l'enfoncement du terrein où combattoient les athletes ; ce portique s'appelloit proprement le xyste.

On avoit soin en bâtissant les xystes, de ménager entre deux portiques quelques bosquets, & des allées d'arbres pavées à la mosaïque. Proche du xyste, à la face du portique double, on faisoit les alignemens des promenades découvertes, qu'on nommoit péridromides, dans lesquelles les athletes se rendoient en hiver.

A côté de ces édifices étoit une place, où le peuple venoit se ranger pour voir plus commodément les jeux. A l'imitation de ces sortes d'édifices, quelques empereurs romains pour se faire aimer du peuple, bâtirent des thermes magnifiques, où tout le monde pouvoit aller & prendre le plaisir des bains. Voyez THERMES. (D.J.)


XYSTIQUES. m. (Antiq. rom.) nom que l'on donnoit à Rome aux athletes des gymnases & aux gladiateurs qui, l'hiver, se battoient sous des portiques, & non pas en plein air. Suétone, vie d'Auguste, c. xlv. en parle.


XYSTIS(Géog. anc.) ancienne ville d'Asie, dans la Carie, selon Etienne le géographe. Pline, l. V. ch. xxix. en fait mention, & nomme ses habitans Xystiani. (D.J.)